En 2026, de nombreux couples non mariés cherchent des solutions pour protéger le logement familial sans créer d’indivision coûteuse. Le démembrement croisé des parts de SCI est une stratégie éprouvée : il garantit la jouissance du bien au partenaire survivant et optimise la transmission fiscale. Voici un guide clair, illustré par un cas concret, pour comprendre les mécanismes, les avantages et les précautions à prendre.
En bref :
- 🔒 Protection du conjoint non marié : le démembrement croisé évite l’indivision après un décès.
- ⚖️ Fiscalité avantageuse : extinction de l’usufruit au décès sans taxation supplémentaire selon l’article 1133 du CGI.
- 📈 Transmission progressive : possibilité de donner la nue-propriété par tranches tous les 15 ans pour réduire les droits.
- 🧾 Statuts clés : rédaction précise et évaluation correcte des parts pour éviter les contentieux.
Démembrement croisé de parts de SCI : principe expliqué avec un exemple
Laure et Pierre achètent une maison via une SCI familiale. Chacun détient la moitié des parts en nue-propriété et l’autre moitié en usufruit. Concrètement, Laure possède l’usufruit des parts 51–100 et la nue-propriété des parts 1–50, Pierre l’inverse.
Au décès de Pierre, Laure reconstitue la pleine propriété des parts 1–50 sans payer de droits de succession, et conserve l’usufruit des parts 51–100. Elle peut donc rester dans le logement ou percevoir les loyers.

Quels sont les rôles de l’usufruitier et du nu-propriétaire dans la SCI ?
L’usufruitier perçoit les revenus (loyers) et prend en charge l’entretien courant ainsi que la taxe foncière. Il participe aux décisions de gestion selon les statuts et veille à la conservation du capital immobilier.
Le nu-propriétaire conserve les droits patrimoniaux : il ne touche pas les revenus pendant la durée de l’usufruit, mais récupère la pleine propriété à l’extinction de l’usufruit. C’est un outil idéal pour transmettre progressivement le capital.
Avantages fiscaux et limites du démembrement des parts de SCI
Le démembrement croisé protège le partenaire survivant et évite une taxation lourde en cas de succession. La reconstitution de la pleine propriété par extinction d’usufruit n’est pas taxable au décès de l’usufruitier (article 1133 du CGI).
Cependant, des points d’attention subsistent : valorisation des parts, répartition des revenus et risques d’abus de droit si l’opération est purement fiscale.
Checklist pratique avant de se lancer
- 📐 Faire estimer le bien et calculer la valeur de l’usufruit et de la nue-propriété.
- 📝 Rédiger des statuts précis (clauses d’agrément, réversion d’usufruit).
- 👩⚖️ Se faire accompagner par notaire et expert-comptable pour éviter l’abus de droit.
- 🔁 Planifier les donations triennales ou tous les 15 ans pour profiter des abattements.
Tableau : comparaison rapide — usufruit vs nue-propriété
| Rôle | Usufruitier 🔑 | Nu-propriétaire 🏛️ |
|---|---|---|
| Perception des revenus | Oui 💰 | Non ❌ |
| Entretien courant | À la charge ✅ | Charge limitée ⚠️ |
| Reconstitution de la pleine propriété | Non | Oui, à l’extinction de l’usufruit 🎯 |
Pour approfondir la mise en place juridique et la rédaction des statuts, des guides pratiques détaillent les étapes et les clauses à prévoir. Par exemple, un guide pratique sur le démembrement en SCI décrit les formalités et les risques à éviter : guide démembrement SCI.
La vidéo ci‑dessus illustre les mécanismes et propose des exemples chiffrés pour visualiser la transmission.
Pour une approche orientée protection du partenaire non marié, un article notariale présente le cas pratique du démembrement croisé et ses avantages civils : démembrement croisé et concubins.
La seconde vidéo complète l’analyse par des retours d’expérience et des conseils de notaires.
Précautions finales et bonne pratique patrimoniale
Éviter la surévaluation des actifs, inscrire des clauses claires dans les statuts et documenter chaque donation sont des gestes indispensables. Un expert-comptable ou avocat fiscaliste permet d’anticiper les zones de friction et de sécuriser l’opération.
Insight final : le démembrement croisé fonctionne comme un filet de protection civil et fiscal, mais il doit être pensé sur le long terme, avec une documentation irréprochable.
Qu’est-ce que le démembrement croisé des parts de SCI ?
C’est une répartition où chaque associé détient l’usufruit d’une partie des parts et la nue‑propriété de l’autre, permettant au survivant de reconstituer la pleine propriété sans droits supplémentaires.
Le concubin est-il protégé automatiquement par ce mécanisme ?
Oui, si le mécanisme est mis en place correctement via la SCI et des statuts bien rédigés, le concubin peut conserver la jouissance du logement sans tomber en indivision.
Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter ?
Sous‑estimer l’évaluation des parts, négliger les clauses d’agrément et ne pas se faire accompagner peuvent entraîner des litiges ou un redressement fiscal.
Peut-on donner la nue-propriété progressivement ?
Oui : il est courant de donner des tranches tous les 15 ans en profitant des abattements, ce qui permet une transmission fiscale optimisée.


