En bref — Points clés à retenir :
- 🔎 Mineurs : un mineur non émancipé ne peut prêter à une SCI sans autorisation du juge des tutelles.
- 🧾 Formalisme : une convention écrite et une comptabilité traçable protègent contre les redressements.
- ⚖️ Fiscalité : intérêts soumis au PFU ou à l’IR ; déductibilité dépend du régime (IS vs IR).
- 🛡️ Transmission : au décès, le solde du compte courant entre dans la succession.
- 📌 Précaution : privilégier l’accompagnement d’un expert-comptable et d’un avocat pour sécuriser l’opération.
Dans une petite SCI familiale, la question revient souvent : peut-on accepter ou comptabiliser un apport en compte courant d’associé effectué par un mineur ? Le cas de la famille Martin illustre bien les pièges et solutions : les parents ont transféré des parts à leurs deux enfants mineurs, puis l’un des enfants, via son tuteur, a avancé 30 000 € pour des travaux urgents. Sans autorisation judiciaire ni convention, la créance aurait pu être contestée, la déductibilité des intérêts remise en cause et la succession compliquée. Cet article éclaire le cadre juridique, les enregistrements comptables à respecter et les précautions à prendre pour transformer cet apport risqué en levier patrimonial sûr.
SCI compte courant et mineur : quel cadre juridique appliquer ?
Le compte courant d’associé est, par nature, une créance de l’associé sur la SCI inscrite au passif du bilan. Quand l’associé est mineur non émancipé, la capacité juridique est limitée : le représentant légal doit agir pour son compte et, souvent, l’autorisation du juge des tutelles est exigée pour valider un prêt à la société.
Pour les démarches pratiques, des ressources officielles et des guides pratiques aident à clarifier les étapes. Voir notamment le portail administratif pour les précisions procédurales et un guide juridique reconnu pour la bonne rédaction des conventions.
Insight : sans autorisation claire et écrit probant, la créance du mineur peut être fragilisée devant un juge ou l’administration fiscale.

Enregistrement comptable et fiscalité du compte courant d’un mineur
Sur le plan comptable, chaque avance doit être ventilée et justifiée par un virement bancaire formel. L’écriture classique : compte 455 – Associés, compte courant au passif. Si la convention prévoit une rémunération, les intérêts seront portés en charge pour la SCI si elle est à l’IS, ou imposés chez l’associé selon le régime personnel.
En pratique, la SCI doit déclarer les intérêts rémunérés selon son régime fiscal et joindre les annexes nécessaires lors des déclarations annuelles.
Insight : une comptabilité limpide prévient les risques de requalification ou de contestation lors d’un contrôle.
Tableau récapitulatif des principaux risques et mesures
| ⚠️ Risque | ✅ Mesure préventive | 🔍 Conséquence contrôlée |
|---|---|---|
| Créance contestée par la succession 🧾 | Autorisation judiciaire + convention écrite ✍️ | Solidité juridique de la créance ✅ |
| Redressement fiscal 🔎 | Justification du taux et enregistrement comptable 📚 | Conservation de la déductibilité (IS) ✔️ |
| Blocage de trésorerie de la SCI 💸 | Clause de blocage ou préavis dans la convention ⏳ | Préservation de la trésorerie opérationnelle 🛡️ |
Procédure pratique : sécuriser un apport en compte courant par un mineur
Étapes concrètes à suivre :
- 🔹 Obtenir l’accord du représentant légal et, si nécessaire, l’autorisation du juge des tutelles.
- 🔹 Rédiger une convention de compte courant précisant taux, modalité de remboursement, blocage éventuel.
- 🔹 Enregistrer les mouvements via virement bancaire et notes comptables signées par le gérant.
- 🔹 Consentir, si approprié, à une clause spécifique pour la succession ou la cession du compte courant.
Des modèles et explications complémentaires sont disponibles dans des guides pratiques qui détaillent la forme et le contenu des conventions.
Insight : une procédure formalisée transforme un apport potentiellement dangereux en levier patrimonial maîtrisé.
Cas pratique illustré : la famille Martin
Situation : 30 000 € avancés pour des travaux par le tuteur d’un enfant associé mineur. Solution appliquée :
- Demande d’autorisation auprès du juge des tutelles.
- Signature d’une convention fixant un taux raisonnable indexé sur le marché.
- Inscription comptable avec pièces justificatives et mention en assemblée générale.
Résultat : remboursements possibles sans fragiliser la SCI et transmission anticipée facilitée par une clause successorale. Insight : anticiper réduit les conflits familiaux futurs.
Pour approfondir la rédaction de la convention et le cadre légal, consulter un guide spécialisé ou un cabinet d’accompagnement est recommandé.
Ressources utiles : guide pratique LegalPlace et conseils d’Advyse pour sécuriser le montage.
Un mineur peut-il prêter sans contrôle judiciaire ?
Non : sauf si le mineur est émancipé, l’accord du représentant légal et souvent l’autorisation du juge des tutelles sont nécessaires pour valider un prêt à la SCI.
Faut-il obligatoirement rémunérer le compte courant ?
Non : la rémunération est facultative mais permet d’optimiser le rendement. En SCI à l’IS, les intérêts peuvent être déductibles si le taux est justifié.
Que devient le compte courant au décès de l’associé ?
Le solde créditeur intègre la succession et revient aux héritiers, qui peuvent demander remboursement ou conserver la créance selon les statuts.
Quelle précaution comptable est incontournable ?
La traçabilité totale : virements bancaires, procès-verbaux d’AG mentionnant le solde des comptes courants et la convention signée.


